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Au
19ème siècle, la Normandie voit sa surface herbagère
se développer ainsi que son élevage laitier. Le Pont-l'Évêque
est alors un fromage fermier fabriqué deux fois par jour.
A cette époque, il existe différentes qualités de Pont-l'Évêque
en fonction de son taux de matière grasse. La première
qualité est fabriquée à partir de lait entier, parfois
enrichie de crème fleurette. La seconde qualité est fabriquée
à partir d'un mélange de lait écrémé, de la veille, et
de lait entier, de la traite du matin. La troisième, provenant
du lait écrémé de la veille, est moins riche et plus acide.
Le Pont-l'Évêque est vendu sur les marchés de Pont-l'Évêque
et de Beaumont en Auge. Il s'en vend 600 douzaines en
moyenne pendant 6 mois et 200, en hiver.
L'essor
des lignes ferroviaires favorise sa commercialisation.
Les fromagers bénéficient de la rapidité, de la sécurité
et du coût modéré de ce nouveau mode de transport. Les
Pont-l'Évêque partent à 18 heures de Lisieux et arrivent
à 2 heures du matin en gare des Batignolles. De là, ils
approvisionnent les Halles de Paris ou bien repartent
par le train vers d'autres villes de province. Seuls les
Pont-l'Évêque de première qualité sont commercialisés.
Ceci explique l'excellente réputation du Pont-l'Évêque,
à cette époque où la matière grasse est rare et chère.
Le Pont-l'Évêque est un fromage noble, recherché des restaurateurs,
un de ceux dont Brillat Savarin disait : " un dessert
sans fromage est une belle à qui il manque un œil ".
Moins connus, les pavés d'auge et de Moyaux représentent
respectivement deux ou trois Pont-l'Évêque. Ces fromages
faisaient office de tirelire pour payer le fermage ou
pour conserver du lait pour la saison de faible production.
Au
20ème siècle, la collecte de lait se modernise, les modes
de transformation se perfectionnent dans le respect des
traditions. Cela permet l'essor de grands groupes fromagers.
Le Pont-l'Évêque conserve une place de fromage de choix.

[L'origine
du Pont-l'Évêque] [L'histoire
d'un nom | 1 | 2
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